Citations et textes sur le deuil

 

Lorsque je vais au cimetière, je regarde ta tombe : je ne pense rien alors,
je ne pense que des choses triviales, je me dis que tu es là.
A deux mètres sous mes pieds, deux mètres ou trois, je ne sais plus,
et je ne crois pas ce que je pense, et ça vient d'un seul coup, ça vient lorsque je me retourne,
c'est là que je te vois, dans l'amplitude et l'ouvert du paysage,
dans la beauté sans partage de la terre et du grand ciel, toi partout à l'horizon,
c'est en tournant le dos à ta tombe que je te vois.

(Christian Bobin)

Les vivants sont trop absorbés par ce qu'ils veulent et les morts trop éblouis par ce qu'ils voient
pour jamais se rencontrer.

(Christian Bobin)

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme des pas
Qui s'arrêtent.
Mais si c'était un départ
Pour un nouveau voyage...

 

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme une porte
Qui claque.
Mais si c'était un passage
S'ouvrant sur d'autres paysages...

 

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme un arbre
Qui tombe,
Mais si c'était une graine
Germant dans une terre nouvelle...

 

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme un silence
Qui hurle.
Mais s'il nous aidait à entendre
La fragile musique de la vie...

 

(Benoît Marchon)

Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir
Car j'ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !
Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m'avez apporté !
Je vous remercie pour l'amour que chacun m'a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps !
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur !
Je ne suis pas loin et et la vie continue !
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je sera là,
Et si vous écoutez votre cœur, vous sentirez clairement
La douceur de l'amour que j'apporterai !
Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d'automne,
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !

 

N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.

 

(Prière amérindienne)

Je suis debout au bord de la plage
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

 

Quelqu'un à mon côté dit :
"Il est parti !"
Parti ? Vers où ?
Parti de mon regard. C'est tout...

 

Son mât est toujours aussi haut,
Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
Pas en lui.

 

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "il est parti !"
Il en est d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,
S'exclament avec joie :
"Le voilà !"...

 

C'est cela la mort.

 

(William Blake)

L'amour ne disparaît jamais...la mort n'est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce d'à côté.
Je suis moi et vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres,
nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
Ne changez rien au ton,
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée,
simplement parce que je suis hors de votre vue?
Je vous attends, je ne suis pas loin,
juste de l'autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.

(Saint Augustin)

Personne ne sait encore si tout ne vit que pour mourir ou ne meurt que pour renaître.
(Marguerite Yourcenar)

Le jardin de ce monde ne fleurit que pour un temps.
(Gandhi)

Dieu a donné une soeur au souvenir et il l'a appelée espérance.
(Michel-Ange)

La vie des morts est de survivre dans l'esprit des vivants.
(Cicéron - merci Onyx174)

L'homme qui a le plus vécu n'est pas celui qui a compté le plus d'années, mais celui qui a le plus senti la vie.
(J.-J. Rousseau)

Les larmes les plus amères versées sur les tombes
tiennent aux paroles passées sous silence et aux actions restées inaccomplies.
(Lillian Hellman)

L'esprit oublie toutes les souffrances quand le chagrin a des compagnons et que l'amitié le console.
(William Shakespeare)

L'épreuve du courage n'est pas de mourir, mais de vivre.
(Vittorio Alfieri)

Si tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile,
C'est doux, la nuit, de regarder le ciel.
(Le Petit Prince, St Exupery)

Il est venu au monde et je l'ai perdu avant même de le rencontrer, s'est lamentée cette femme.
Je n'ai pas su lui répondre, à cette époque, ce que j'ai découvert depuis et que je sais aujourd'hui
Que certains bébés, certains enfants se "donnent la liberté" d'apparaître,
de seulement apparaître dans la vie, pour insuffler l'envie à l'un de leurs parents de naître enfin ou d'accéder à plus de vie dans leur existence.
Certains enfants sont de passage pour montrer à l'un ou à l'autre de leurs géniteurs un chemin,
pour témoigner d'un choix de vie à faire.
Certains enfants, par leur mort subite, invitent... leurs parents à oser un changement qu'ils n'avaient pu envisager jusqu'alors.
Certains enfants ont ce pouvoir de dire par leur présence furtive et fugitive et leur disparition brutale : "Ose ta vie, toi seul la vivra"
Nous pouvons ainsi écouter et entendre le message secret envoyé par ces enfants
dont la présence éphémère nous blesse à jamais si nous restons sourds à leur message d'espoir.

(Jacques Salomé)

Le temps passe si vite qu'on ne le voit pas passer. Et pourtant il passe ; il ne fait que ça, il fait aussi vieillir.
(Paul Toupin)

La vie n'est qu'une prière faite d'amour et de pleurs pour enfin ouvrir la porte du coeur celle de la mort.
(Auteur Inconnu - Merci G.na)

 

La mort n'est qu'un passage.
Je suis seulement passé dans la pièce à coté.
Je suis moi, Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent.
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez de rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez ou ne priez pas. Souriez, pensez à moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été.
Sans emphase d'aucune sorte,
sans aucune trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle toujours été.
Le fil n'est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de vos vues ?
pourquoi serais-je hors de vos pensées.
Je ne suis pas loin. Juste de l'autre coté du chemin.

(Charles Peguy)

La vie n'a pas d'âge
La vraie jeunesse ne s'use pas.
On a beau l'appeler souvenir,
On a beau dire qu'elle disparaît,
On a beau dire et vouloir dire que tout s'en va,
Tout ce qui est vrai reste là.
Quand la vérité est laide,
C'est une bien fâcheuse histoire.
Quand la vérité est belle, rien ne ternit son miroir.
Les gens très âgés remontent en enfance
Et leur cœur bat là où il n'y a pas d'autrefois.

(Jacques Prévert)

L'adieu

J'ai cueilli ce brin de bruyère.
L'automne est morte, souviens-t'en.
Nous ne verrons plus sur terre
Odeur du temps, brin de bruyère,
Et souviens-toi que je t'attends.

(Guillaume Apolinaire)

Lettre venue d'ailleurs

Tu as souhaité m'écrire, laissant le soin aux nuages,
le soin de me transmettre ton message.

Cette seule intention m'autorise à te répondre
afin de te dire qu'en partant, j'ai bien emporté
toute la richesse et l'amour de notre vécu,
et, si du poids de mon corps je me suis allégé,
je n'en reste pas moins, dans l'ombre, à tes côtés.

Dés lors, si tu es à la recherche de notre hier,
laisse voguer en toi les pensées et les rêves,
car, dans ces voyages, nous nous retrouverons
pour vivre ensemble cette intime complicité,
et donner ainsi toute sa force à son éternité.

Que la caresse du vent, un rayon de soleil,
une étoile filante ou une goutte de pluie
soient les anges porteurs de cet écrit
pour en traduire auprès de toi le sentiment,
afin que, laissant de côté regrets comme oublis,
tu vives intensément chaque moment de la vie.

(Michel Thivent)

Cette nuit-là...

Cette nuit-là, je ne le vis pas se mettre en route. Il s'était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre, il marchait, décidé, d'un pas rapide. Il me dit seulement :
- Ah ! Tu es là ...
Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore :
- Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort, mais ce ne sera pas vrai ...
Moi, je me taisais.
- Tu comprends. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd.
Moi, je me taisais.
- Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces.

(Antoine de Saint-Éxupéry - Le Petit Prince)

Au début j'ai bien cru perdre ma voix,
la parole et la mort sont comme deux personnes qui voudraient entrer dans une pièce en même temps et se gênent,
demeurent bloquées sur le seuil, au début la mort devenait de plus en plus grande et la parole bégayait de plus en plus,
ensuite j'ai compris qu'il fallait éviter comme la peste tout ce qu'on croyait savoir à ce sujet,
tous les mots convenus sur la douleur et la nécessité de revenir à une vie distraite,
j'ai compris que, comme pour la vie, il fallait écouter absolument personne
et ne parler d'une mort que comme on parle d'un amour, avec une voix douce, avec une voix folle,
en ne choisissant que des mots faibles accordés à la singularité de cette mort -là, à la douceur de cet amour-là.

(Christian Bobin)

La colère

On avait jusque là plus ou moins cru à une justice, à une sagesse inhérente à "l'ordre des choses"...et soudain son enfant se noie, son épouse meurt en couches ou son compagnon se tue.
Là tout vole en éclats.
Le fragile édifice de ses croyances et de ses convictions se trouve violemment ébranlé et on vient à se demander si on ne s'est pas trompé ou si on n'a pas été trompé.
On est en colère contre Dieu, en colère contre la destinée.
La révolte est soit brutale et explosive, soit insidieuse et rampante, quand, au fil des mois, tout ce à quoi on avait cru s'effrite.
L'épreuve est difficile...car c'est un système essentiel de repères et références qui est mis en cause...
Il est certain que l'on ne peut s'empêcher de ressentir ce qu'on ressent !
Pour l'instant, la colère est présente, il faut en tenir compte.
Si le chemin du deuil passe par elle, c'est qu'elle a manifestement sa raison d'être.

(Christophe Fauré)

La tristesse et les larmes

Dans les tribus indiennes, on dit qu'il ne faut pas laisser le mal se blottir.
Il faut le faire jaillir du corps, gicler hors de la peau comme les pépins de baies sauvages.
Il ne faut pas lui donner de prise. Car le malheur est habile.
Il plonge dans les parties vitales de l'organisme,
s'insinue dans les recoins les plus inaccessibles,
se love dans les viscères et jusque dans la bile.
Et il les anémie.

Ensuite, il leur ôte le goût de vivre.
Alors le cœur se ternit, les yeux s'engorgent.
Et comme le dos se courbe, le teint se flétrit.
Non, le chagrin, cela se chasse, comme les pépins de raisin.
Pour l'extirper, il ne sert à rien de se gratter la chair et le sang.

Il lui a dit - et elle le croit car c'est un grand sorcier -, il lui a dit que l'eau salée est le meilleur des remèdes.

Les Indiens enduisaient leurs malheureux de cataplasmes marins.
C'est parce que, le mal, il fond dans l'eau salée.
C'est parce que l'eau de mer agit sur la peau comme par osmose.
Elle aspire les larmes à la surface.
Pendant des jours et des jours, il faut s'humecter sans cesse.
Alors le malheur se dissout dans les larmes, se délite à petites gouttes pour sourdre hors du corps par les yeux.

Pour guérir de la mort, il faut pleurer.

(Myriam Cohen-Welgryn)

Quand un jour tôt ou tard, il faut qu'on disparaîsse,
quand on à plus au moins vécu, souffert, aimé,
il ne reste de soi que les enfants qu'on laisse
et le champ de l'effort où l'on aura semé.

(Charles de Gaulle)

 

La mort n'atteint pas seulement celui qui doit fermer les yeux à jamais mais aussi les autres,

tous les autres qui recevront l'horreur et l'absence en partage.

 

(Marie-Claire Blais)

Tant de belles choses

 

Même s'il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire "à demain"
Rien ne défera jamais nos liens.
Même s'il me faut aller plus loin
Couper les ponts, changer de train,
L'amour est plus fort que le chagrin.
L'amour qui fait battre nos cœurs
Va sublimer cette douleur,
Transformer le plomb en or !
Tu as tant de belles choses à vivre encore.
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas.
Tu as tant de belles choses devant toi.
Même si je veille d'une autre rive,
Quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive,
Je serai avec toi comme autrefois.
Même si tu pars à la dérive,
L'état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois.
Dans l'espace qui lie le ciel et la terre
Se cache le plus grand des mystères
Comme la brume voilant l'aurore.
Il y a tant de belles choses que tu ignores :
La foi qui abat les montagnes,
La source blanche dans ton âme,
Penses-y quand tu t'endors :
L'amour est plus fort que la mort.
Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache le plus beau des mystères.
Penses-y quand tu t'endors :
L'amour est plus fort que la mort.

(Françoise Hardy)

 

 

La nuit n’est jamais complète

 

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours, au bout du chagrin une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille Désir à combler, faim à satisfaire un cœur généreux.
Une main tendue, une main ouverte Des yeux attentifs
Une vie – la vie à partager.

(Paul Eluard)

 

Les mots exacts pour le dire

 

Je vous en prie, ne me demandez pas si j'ai réussi à le surmonter,
Je ne le surmonterai jamais.

Je vous en prie, ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant,
Il n'est pas ici auprès de moi.

Je vous en prie, ne me dites pas qu'il ne souffre plus,
Je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.

Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens,
À moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant.

Je vous en prie, ne me demandez pas de guérir,
Le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.

Je vous en prie, ne me dites pas
« Au moins vous l'avez eu pendant tel nombre d'années »,
Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ?

Je vous en prie, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous êtes désolés.

Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant,
si vous vous rappelez de lui.
Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant.
Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant.
Je vous en prie, laissez-moi simplement pleurer.

 

(Rita Moran)

L'esprit oublie toutes les souffrances quand le chagrin a des compagnons et que l'amitié le console.

(William Shakespeare)

 

 

Chercher en avant 

 

Ne le cherchez pas en arrière, ni ici, ni là,
ni dans les vestiges matériels qui vous sont naturellement chers.
Il n’est plus là.. Il ne vous attend plus là.
C’est en avant qu’il faut le chercher, dans la construction de votre vie renouvelée…


Soyez lui fidèle et non point dans une sentimentalité rétrospective
avec laquelle il faut avoir le courage de briser..
Sa véritable trace n’est pas dans certaines manifestations de son activité.
Leur disparition même si douloureuse qu’elle puisse vous paraître, doit vous libérer,
non vous déprimer.
Non pas oublier, mais chercher en avant.
Malgré tout ce que vous pouvez sentir ou croire,
reconnaître avec évidence que votre vie doit soit se poursuivre. Je suis persuadé qu’elle commence.
Décidez-vous seulement à ne plus vivre dans le passé,
ce qui ne veut pas dire que vous oubliez celui-ci, mais seulement que votre manière,
la vraie, de lui être fidèle doit consister à construire en avant, c’est à dire à être digne de lui.
Ne vous isolez pas.
Ne vous repliez pas au fond de vous-mêmes.
Mais voyez le plus possible vos amis.
Donnez-vous.
C’est ce don qui vous libérera et vous épanouira.
Je voudrais que vous trouviez nombre de gens et de choses auxquels, noblement, vous vous donnerez.

 

(Pierre Teilhard de Chardin)

 

 

Un pont géant

 

J’avais devant les yeux les ténèbres.
L’abîme qui n’a pas de rivage et qui n’a pas de cime,
était là, morne, immense ; et rien n’y remuait.
Au fond, à travers l’ombre, impénétrable voile, je m’écriais :
« Mon âme, ô mon âme ! il faudrait, pour traverser ce gouffre,
où nul bord n’apparaît, et pour qu’en cette nuit jusqu’à ton Dieu tu marches,
bâtir un pont géant sur des millions d’arches.
Qui le pourra jamais ? Personne ! ô deuil ! effroi ! pleure ! »
Un fantôme blanc se dressa devant moi
et ce fantôme avait la forme d’une larme ;
c’était un front de vierge avec des mains d’enfants :
il ressemblait au lys que la blancheur défend :
ses mains en se joignant faisaient de la lumière.
Il me montra l’abîme où va toute poussière ,
si profond que jamais un écho n’y répond ;
et me dit : « si tu veux je bâtirai le pont ».
Vers ce pâle inconnu je levais ma paupière.
Quel est ton nom ? lui dis-je . Il le dit : « la prière ».

 

(Victor Hugo)
Poème écrit lors du décès de sa fille

Tu as tes occupations et la vie se hâte ;
sur ces entrefaits la mort sera là, à laquelle, bon gré mal gré, il faut bien finir par se livrer.

(Sénèque)
Merci à Greg

 

La mémoire est le miroir où nous regardons les absents.

(Source inconnue)

Je te reconnaîtrai
Nous sommes deux rivières dont les eaux sont mêlées dans l’unique océan.
Même si trop de larmes ont sillonné de rides le creux de tes paupières,
Même si la douleur et tous nos désespoirs ont fait de tes cheveux des filaments de givre,
Je te reconnaîtrai.
Même si le poids des années de chagrin a courbé tes épaules
A force de chercher de tout petits morceaux de joie et de tendresse,
Aux cendres du passé je te reconnaîtrai.
Même si ton regard a usé son éclat, s’est terni pour toujours,
Tant il a contemplé de misère et de haine, et tant d’obscurité,
Même si tout cela, je te reconnaîtrai.
Nous sommes deux rivières dont les eaux sont mêlées dans l’unique océan,
Et rien ne pourra jamais plus nous séparer.
Même au-delà du temps, je te reconnaîtrai…

Texte d'un fils pour sa mère
(merci Adelaïde)

 

 

Commentaires (190)

1. EspItalia 09/07/2014

J'ai perdu mon père quand j'avais 3 ans, au jours d'aujourd'hui j'en ai 17, je ne comprend absolument pas les personnes qui disent qu'au file du temps on oublie. Cette absence me tue chaque jours, je n'est toujours pas fais mon deuil après 14 ans, cela dépends des personnes pour savoir le temps qu'il faudra. Je n'est pas eu le temps de connaitre mon père et j'envie les personnes qui ont pu. Mais je tiens quand même a dire, qu'il ne faut pas ce laisser allez, toujours persécuté. Bon courage a tous.

2. Cha' 05/07/2014

Je pense que la douleur ne disparait jamais mais qu'on apprend a vivre avec... Ça va faire pas mal de temps que j'ai perdu mon frère jumeau... I still love you Allen <3

3. selena 18/06/2014

Bonjour, qqn de mon entourage professionnel est malade et va quitter la vie. On est tous orphelins. Les gens sont si précieux. J'ai envie d'être plus consciente de la chance qui m'est donnée chaque jour... vous avec moi, moi avec vous, moi avec toi. Et quand ça dérape, prendre de la hauteur. Etre humain est bien compliqué. On est si conscient et si limité à la fois. Bon courage à tous. Donnons nous la main, solidaires. apaisement et douceur...

4. SISSI 17/06/2014

Bonjour à tous
J'ai une pensée pour vous tous qui avait perdu un être cher, c'est difficile d'accepter mais la vie est belle même si on ne la voit pas encore comme elle est... J'ai bcp souffert mais qui ne souffre pas n'éprouve pas la joie et le bonheur alors séchez vos larmes et essayez de profiter des instants de bonheur qui passent avec les vivants...

5. Clara (site web) 08/05/2014

Voici 9 mois que tu es parti. 9 mois que je suis rentrée pour te retrouver sur ton lit de mort. 9 mois de chagrin, de douleur. C'est vrai qu'on ne se voyait pas beaucoup, mais tes "Encore en vacances ?" me manquent. A 13 ans, on ne s'y attend pas, c'est trop brutal, surtout quand on est inconscient. Je n'ai pas eu le temps de me préparer. J'aurais dû demander ce que tu avais, comment tu allais. J'aurais dû venir te voir. J'aurai aimé te voir une dernière fois. Je ne pensais pas que ça finirait comme ça... Il faudra du temps, 1 an, 5, 10, peut-être que le chagrin partira, et qu'un jour, je n'aurai plus cette boule dans la gorge. Mais il faudra tu temps... Même si la mort n'arrête pas l'amour, ce ne sera jamais pareil, ce n'est plus pareil. Si tu m'entends, je voudrais te dire ces derniers mots : Je t'aime, parrain

6. mary 03/05/2014

j'ai perdu mon frére il y a 2semaines un cancer et une tumeur au cerveau il me manquet tellement:jr t'aime mon frère

7. Lesmotsquiaident 29/04/2014

Bonjour,
Merci pour ces belles citations inspirantes, j'ai moi même fait une petite sélection tirée du forum deuil http://forumdeuil.comemo.org/ j'espère que celles-ci pourront aussi vous aider : http://deuil.comemo.org/poemes-citations-texte-deuil-mort
Encore merci pour ce beau travail si aidant dans les moments difficiles.

8. Minie k-Lun 28/04/2014

J'ai perdu mon père il y a bientôt 8 mois. J'ai 23 ans j'ai beaucoup de mal a faire mon deuil et à accepter sa disparition. Je souffre en silence pour pas que mon homme et mon fils voient ma tristesse mais la peine que j'ai est immense c'est une énorme plaie qui ne se refermera jamais comment accepter ça je n'y arriverai jamais :'( je m'attend toujours à le voir dans la maison familiale mais ça n'est jamais le cas je souffre beaucoup de son absence :'( il me manque tellement

9. Marie 28/04/2014

Mon père est mort il y a maintenant 1 an, 2 semaines et 3 jours je suis très triste même si je n'avais pas une vraie relation père-fille avec lui :'( je l'aimais tellement ....

10. hamelin 22/04/2014

Le 23 février 2014 j'ai perdu un 1er frère d'un accident en Centre Afrique alors qu'il était militaire... Il me manquait déjà trop et le destin m'à enlevé un 2ème frère le 11 avril 2014 d'un arrêt cardio respiratoire...C'est tellement dur...Mes 2 frères me manquent tellement.

11. Cassandra 15/04/2014

J'ai perdu mon père il y a bientôt 9 ans le 24 avril 2006, aujourd'hui j'ai vraiment très mal de son départ c'était parti avec ma maman quand a 7h47 on nous appel pour nous dire que mon père et décédé d'un sucide. Ils ses pendu pour cause je ne sais guerre. Avant de partir ils nous a laisser a c'est 6 enfants une l'être que moi même je n'est jamais pu ouvrir. J'ai tellement peur de ce qu'il y a écrit. N'était une petite fille qui venais de fêter ses 9 ans sa me fait mla très mal je me tord de douleur. Je sais qu'il ne reviendra pas mais pour moi il est toujours présent

12. josiane 14/04/2014

laure ma grande soeur est decedee le 08 fevrier 2014 de suite d'une hemorragie cerebrale. elle a ete dans le coma pendant 3 jours une mort subite, je pense a elle chaque jour a son rire, sa gentillesse, on s aimaient tellement, elle me manque enormement, elle m a enseigne la crainte de Dieu, a esperer malgre les dures epreuves de la vie, a aider son prochain, a sourire malgre les obstacles aujourd'hui elle n''est plus la. tout s'ecroule, je me sens perdue. On se reconfortait mutuellement. je l'aime tellement. Ce qui me.reconforte c'est la princesse keren qu elle nous a laisse en souvenir d'elle une gamine exceptionnelle, notre rayon de soleil a la famille. Tu me manques laure, tu nous manques et nous t'aimerons jusqu'a la fin de notre vie. <3

13. duccord 30/03/2014

Jai perdu mon papy il a un mois et depuis jarrete pas de faire des crise dasme a force de pleurer... jen peux plus je me dis que si sa continu je vais devoir aller le rejoindre !! [b][/b]

14. anais 29/03/2014

j'ai perdu mon frère il a 14 ans et moi 11ans dans un accident de scooter il a 3 moi c'est horible il me manque tellement

15. Joly Emilie 13/03/2014

Alors voilà, j'ai 16 ans, bientôt 17, cette année. Et depuis que je suis née, je me livre à une bataille aussi terrifiante que possible, ma vie se livre à une bataille, je suis placée dans une famille d'accueil depuis mon plus jeune âge, en faite, depuis ma naissance pratiquement, je n'ai jamais vécu avec mes deux parents, un jour j'ai vu deux personnes, qui m'étaient plutôt inconnu jusqu'à cette âge, c'était eux.. Des "parents" (divorcés) si je pouvais me permettre de dire ça. Parce que à vrai dire j'étais totalement persu, et petite. Enfin bref, j'essayais de.passer le.peu de temps qui m'étais consacrée avec eux.. C'était un temps précieux pour moi, on va dire.. Un jour je n'ai plus revu cet homme, sans savoir de suite pourquoi, plus aucunes nouvelles rien, choque terrible. J'ai reçu par la suite des lettres de lui, où il refusait de me dire où il était. Et cette femme, qui me parlait de lui d'une façon atroce, comme si c'était un monstre, j'ai compris qu'il y avait quelque chose. Et oui, il était en prison, accusé à tord par cette femme perdue. Six ans plus tard, je rentrais en 6 ème et je l'ai revu, il était sortit, enfin. Je voulais passer le plus de temps avec lui, mieux le connaître, pendant trois ans on se voyait une fois par mois dans cet endroit assez stressant. Puis pendant un an on ne se voyait plus, il avait quelques petits soucis de santé pas bien important comme il me disait. je le croyais. Puis je l'ai revu, j'étais heureuse, mais je voyais bien que ce n'était plus pareil. Et n'a pas durée longtemps, peu de temps après, il est repartit à l'hôpital et là, je ne l'ai plus revu pendant deux ans, il me disait qu'il faisait des examens pour trouver ce qu'il avait et qu'il serait guérir, je le croyais. Mais son hatitude c'est dégradée de plus en plus, on s'appelait tous les mercredis et les samedis, mais à un moment, on se disputait sans arrêt, il me criait dessus er il m'arrivais de lui raccrocher au nez (chose que je regrette maintenant), mais je ne savais pas ce qu'il avait, il ne me disait rien. Et jour, j'ai sus que j'allais le revoir, il devait venir me chercher. Mais il n'est jamais venu. Je lui en ai beaucoup voulu, un peu plus tard, un éducatrixe m'a emmenée le voir, à l'hôpital, loin de "chez moi", puisqu'il habitait loin, arrivée là-bas, j'ai vu un père anéanti à l'idée de devoir me dire ce qu'il devait me dire. Il m'a dit qu'il était malade, très malade. J'ai de suite compris, je l'avais quittée en pleine forme pour le retrouver malade, mourrant, mon éductrice m'a demandée de lui dire adieu, et on est partit, j'ai hurlée, criée, pleurée, je me suis éffondrée, c'était comme ça là d'un coup. Tous les jours j'appelais pour prendre de ses nouvelles et lui parler. Une semaine après ma visite, je n'arrivais plus à le joindre. Alors je demandais aux médecins. Ils me disaient qu'il allait beaucoup mieux, mais qu'il dormait beaucoup avec la fatigue et tout. J'étais un peu rassurée, je me disais que je pouvais peut être reculer un peu l'idée qu'il ne s'envole. Et tous les hours j'appelais, une semaine après j'étais en cours quand ils sont venus m'annoncer qu'il était partit, que tout était fini.. j'ai hurlée encore et encore j'avais écartée cette possibilité depuis que les médecins disaient qu'il allait mieux.. J'ai découvert ensuite que non il n'allait pas mieux depuis une semain mais qu'il était dans le coma, s'il ne me parlait pas ce n'était pas parce qu'il dormait à cause de la fatigue mais parce qu'il était de le coma, entrain de mourrir. Il est mort depuis maintenant 11 mois aujourd'hui, et c'est de pire en pire. Mes ami(e)s me disent "avec le la douleur passera", mis plus le tenps.passe et la douleur s'aggrandit. Je n'arrive plus à me souvenir de son image, de sa façon de faire et d'être.. J'ai l'impression qu'il s'efface de ma mémoire petit à petit et c'est horrible. Je ne pourrais pas dire qu'il me manque puisqu'il m'a toujours manqué, mais il me manque horriblement. Ce n'est pas comme si je rentrais tous les soirs et que je remarquerais qu'il n'était plus là, j'ai l'impression qu'il est chez lui, qu'il va bien, qu'il va m'appeler ou venir me voir. Il n'y a pas une journée ou je n'appelle pas son portable et que j'entend "ce numéro n'est plus attribué", je continue à lui envoyer des lettres et elles me sont réexpédiées. Je lui envois des message sur son portable et personne nedire me répond. C'est horrible de me dire que j'ai perdu mon papa alors que je n'ai pas vécu avec lui.que je n'aibrien pus faire avec, que je n'ai que très peu de bons souvenirs. Qu'il est partit comme un inconnu dans ma vie, parce que je ne connaissais rien de lui et lui rien de moi (il refusait de parler de lui). Ça le détruisait que l'on ne puisse faire que peu de chose. Je lui avait promis que l'on rattraperait le tenps plus tard parce qu'il pleurait quand je le voyais, à chaque fois, il pleurait toutes les larmes de son corps, parce que j'étais sa fille et lui mon papa et on aurait pas dit. on avait peu de complicité, comme un père et sa fille devrait avoir. pas nous.. Je lui ai fais une promesse que je ne pourrais jamais tenir. C'est horrible de ne pas pouvoir aller sur sa tombe lorsque l'on en ressens l'envie et le besoin d'y aller. A cause de cette distance. Je m'en veux de mon comportemznt avant qu'il meurt, au téléphone. Je ne savais pas.. Il le savait depuis longtemps qu'il était malade pour me le dire que deux semaines avant, je ne m'y étais pas préparée. Les médecins m'avaient mentis, mais pourquoi ?
il a refusé d'essayer de se soigner parce que toute sa vie il s'est battu contre elle, contre tout le mal qu'elle lui a fait endurrer. Il ne voulait plus se battre.. Mais s'il c'était battu il aurait prolongé sa durée de vie, j'aurais pus tenir ma promesse, j'aurais pus le prendre dans mes bras encore mille fois et lui dire je t'aime encore des milliards de fois. Mais c'est trop tard, il est partit, à jamais. Il a tout l 'éternité pour se reposer maintenant.. Mais il me manque affreusement et jamais je ne m'en remettrais, je le sais..
Je donnerais tout pour le retrouver..
Tout l'or du monde ne compensera pas son absence, et ne le fera encore moins revenir..
Tu me manque petite étoile et je t'aimerai à jamais.
Petite étoile rien qu'à moi, je t'aime au delà de toute la galaxy, au delà, de l'univers et au delà de tout ce qui peut éxister.. je t'aime.. <3

Voilà ..

16. vanessa 05/03/2014

J'ai perdu ma grand-maman il y a 2 1/2 semaines et j'ai si mal que j'ai peine a faire mes semaines. Je survie... elle était si importante pour moi. Je me demande bien comment je vais arriver a combler le vide qu'elle a laissé. ..

17. Tifanie 27/02/2014

Moi j'ai perdu ma tante en fin novembre 2012 et un cousin début novembre 2013. Je n'arrive pas a m'en remette. C'est dure de vivre avec, si seulement la mort n'existait pas .. On serai tous heureux ..

18. Picarte 24/02/2014

J´ai perdu mon pere il y´a environ 2 mois et je ne sais comment faire mon deuil. Tout reste bloquee en moi.

19. émilie 21/02/2014

Mon bébé Lilia était si malade...elle aurait bientôt 2 ans, personne ne la remplace, rien de l'efface. Je survie. Personne n'en parle alors que je voudrais juste qu'on crie son nom L I L I A.

20. Princess 19/02/2014

J'ai perdu ma maman il y a de ça exactemement 1 mois et 15jours. je ne pense pas me souvenir si un jour depuis il m'est arrivée de ne pas verser une larme en pensant à tout ce que nous aurions pu encore vivre. Aux étapes majeures de ma vie pour lesquelles elle sera malheureusement absente. au fait que je ne pourrais plus jamais appelé qui que ce soit maman. que ces calins si attendrissant réconfortant que j'avais jusqu'à mes 23 ans je ne les connaitrais plus. je ne trouverais plus personne comme elle pour me donner la force d'affronter mon quotidien, ma maladie, mes doutes et les inquiétudes des spécialistes par rapport à ma vie future. Maman tu n'es pas parfaite mais on a perdu une grande dame, tu m'as malgré tes origines enseignée l'humilité et la valeur de la vie et rien ne pourra jamais te remplacer je m'en rends compte désormais. Permets-moi de te dire que je t'aime.

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