Citations et textes sur le deuil

 

Lorsque je vais au cimetière, je regarde ta tombe : je ne pense rien alors,
je ne pense que des choses triviales, je me dis que tu es là.
A deux mètres sous mes pieds, deux mètres ou trois, je ne sais plus,
et je ne crois pas ce que je pense, et ça vient d'un seul coup, ça vient lorsque je me retourne,
c'est là que je te vois, dans l'amplitude et l'ouvert du paysage,
dans la beauté sans partage de la terre et du grand ciel, toi partout à l'horizon,
c'est en tournant le dos à ta tombe que je te vois.

(Christian Bobin)

Les vivants sont trop absorbés par ce qu'ils veulent et les morts trop éblouis par ce qu'ils voient
pour jamais se rencontrer.

(Christian Bobin)

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme des pas
Qui s'arrêtent.
Mais si c'était un départ
Pour un nouveau voyage...

 

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme une porte
Qui claque.
Mais si c'était un passage
S'ouvrant sur d'autres paysages...

 

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme un arbre
Qui tombe,
Mais si c'était une graine
Germant dans une terre nouvelle...

 

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme un silence
Qui hurle.
Mais s'il nous aidait à entendre
La fragile musique de la vie...

 

(Benoît Marchon)

Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir
Car j'ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !
Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m'avez apporté !
Je vous remercie pour l'amour que chacun m'a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps !
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur !
Je ne suis pas loin et et la vie continue !
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je sera là,
Et si vous écoutez votre cœur, vous sentirez clairement
La douceur de l'amour que j'apporterai !
Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d'automne,
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !

 

N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.

 

(Prière amérindienne)

Je suis debout au bord de la plage
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

 

Quelqu'un à mon côté dit :
"Il est parti !"
Parti ? Vers où ?
Parti de mon regard. C'est tout...

 

Son mât est toujours aussi haut,
Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
Pas en lui.

 

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "il est parti !"
Il en est d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,
S'exclament avec joie :
"Le voilà !"...

 

C'est cela la mort.

 

(William Blake)

L'amour ne disparaît jamais...la mort n'est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce d'à côté.
Je suis moi et vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres,
nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
Ne changez rien au ton,
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée,
simplement parce que je suis hors de votre vue?
Je vous attends, je ne suis pas loin,
juste de l'autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.

(Saint Augustin)

Personne ne sait encore si tout ne vit que pour mourir ou ne meurt que pour renaître.
(Marguerite Yourcenar)

Le jardin de ce monde ne fleurit que pour un temps.
(Gandhi)

Dieu a donné une soeur au souvenir et il l'a appelée espérance.
(Michel-Ange)

La vie des morts est de survivre dans l'esprit des vivants.
(Cicéron - merci Onyx174)

L'homme qui a le plus vécu n'est pas celui qui a compté le plus d'années, mais celui qui a le plus senti la vie.
(J.-J. Rousseau)

Les larmes les plus amères versées sur les tombes
tiennent aux paroles passées sous silence et aux actions restées inaccomplies.
(Lillian Hellman)

L'esprit oublie toutes les souffrances quand le chagrin a des compagnons et que l'amitié le console.
(William Shakespeare)

L'épreuve du courage n'est pas de mourir, mais de vivre.
(Vittorio Alfieri)

Si tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile,
C'est doux, la nuit, de regarder le ciel.
(Le Petit Prince, St Exupery)

Il est venu au monde et je l'ai perdu avant même de le rencontrer, s'est lamentée cette femme.
Je n'ai pas su lui répondre, à cette époque, ce que j'ai découvert depuis et que je sais aujourd'hui
Que certains bébés, certains enfants se "donnent la liberté" d'apparaître,
de seulement apparaître dans la vie, pour insuffler l'envie à l'un de leurs parents de naître enfin ou d'accéder à plus de vie dans leur existence.
Certains enfants sont de passage pour montrer à l'un ou à l'autre de leurs géniteurs un chemin,
pour témoigner d'un choix de vie à faire.
Certains enfants, par leur mort subite, invitent... leurs parents à oser un changement qu'ils n'avaient pu envisager jusqu'alors.
Certains enfants ont ce pouvoir de dire par leur présence furtive et fugitive et leur disparition brutale : "Ose ta vie, toi seul la vivra"
Nous pouvons ainsi écouter et entendre le message secret envoyé par ces enfants
dont la présence éphémère nous blesse à jamais si nous restons sourds à leur message d'espoir.

(Jacques Salomé)

Le temps passe si vite qu'on ne le voit pas passer. Et pourtant il passe ; il ne fait que ça, il fait aussi vieillir.
(Paul Toupin)

La vie n'est qu'une prière faite d'amour et de pleurs pour enfin ouvrir la porte du coeur celle de la mort.
(Auteur Inconnu - Merci G.na)

 

La mort n'est qu'un passage.
Je suis seulement passé dans la pièce à coté.
Je suis moi, Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent.
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez de rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez ou ne priez pas. Souriez, pensez à moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été.
Sans emphase d'aucune sorte,
sans aucune trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle toujours été.
Le fil n'est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de vos vues ?
pourquoi serais-je hors de vos pensées.
Je ne suis pas loin. Juste de l'autre coté du chemin.

(Charles Peguy)

La vie n'a pas d'âge
La vraie jeunesse ne s'use pas.
On a beau l'appeler souvenir,
On a beau dire qu'elle disparaît,
On a beau dire et vouloir dire que tout s'en va,
Tout ce qui est vrai reste là.
Quand la vérité est laide,
C'est une bien fâcheuse histoire.
Quand la vérité est belle, rien ne ternit son miroir.
Les gens très âgés remontent en enfance
Et leur cœur bat là où il n'y a pas d'autrefois.

(Jacques Prévert)

L'adieu

J'ai cueilli ce brin de bruyère.
L'automne est morte, souviens-t'en.
Nous ne verrons plus sur terre
Odeur du temps, brin de bruyère,
Et souviens-toi que je t'attends.

(Guillaume Apolinaire)

Lettre venue d'ailleurs

Tu as souhaité m'écrire, laissant le soin aux nuages,
le soin de me transmettre ton message.

Cette seule intention m'autorise à te répondre
afin de te dire qu'en partant, j'ai bien emporté
toute la richesse et l'amour de notre vécu,
et, si du poids de mon corps je me suis allégé,
je n'en reste pas moins, dans l'ombre, à tes côtés.

Dés lors, si tu es à la recherche de notre hier,
laisse voguer en toi les pensées et les rêves,
car, dans ces voyages, nous nous retrouverons
pour vivre ensemble cette intime complicité,
et donner ainsi toute sa force à son éternité.

Que la caresse du vent, un rayon de soleil,
une étoile filante ou une goutte de pluie
soient les anges porteurs de cet écrit
pour en traduire auprès de toi le sentiment,
afin que, laissant de côté regrets comme oublis,
tu vives intensément chaque moment de la vie.

(Michel Thivent)

Cette nuit-là...

Cette nuit-là, je ne le vis pas se mettre en route. Il s'était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre, il marchait, décidé, d'un pas rapide. Il me dit seulement :
- Ah ! Tu es là ...
Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore :
- Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort, mais ce ne sera pas vrai ...
Moi, je me taisais.
- Tu comprends. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd.
Moi, je me taisais.
- Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces.

(Antoine de Saint-Éxupéry - Le Petit Prince)

Au début j'ai bien cru perdre ma voix,
la parole et la mort sont comme deux personnes qui voudraient entrer dans une pièce en même temps et se gênent,
demeurent bloquées sur le seuil, au début la mort devenait de plus en plus grande et la parole bégayait de plus en plus,
ensuite j'ai compris qu'il fallait éviter comme la peste tout ce qu'on croyait savoir à ce sujet,
tous les mots convenus sur la douleur et la nécessité de revenir à une vie distraite,
j'ai compris que, comme pour la vie, il fallait écouter absolument personne
et ne parler d'une mort que comme on parle d'un amour, avec une voix douce, avec une voix folle,
en ne choisissant que des mots faibles accordés à la singularité de cette mort -là, à la douceur de cet amour-là.

(Christian Bobin)

La colère

On avait jusque là plus ou moins cru à une justice, à une sagesse inhérente à "l'ordre des choses"...et soudain son enfant se noie, son épouse meurt en couches ou son compagnon se tue.
Là tout vole en éclats.
Le fragile édifice de ses croyances et de ses convictions se trouve violemment ébranlé et on vient à se demander si on ne s'est pas trompé ou si on n'a pas été trompé.
On est en colère contre Dieu, en colère contre la destinée.
La révolte est soit brutale et explosive, soit insidieuse et rampante, quand, au fil des mois, tout ce à quoi on avait cru s'effrite.
L'épreuve est difficile...car c'est un système essentiel de repères et références qui est mis en cause...
Il est certain que l'on ne peut s'empêcher de ressentir ce qu'on ressent !
Pour l'instant, la colère est présente, il faut en tenir compte.
Si le chemin du deuil passe par elle, c'est qu'elle a manifestement sa raison d'être.

(Christophe Fauré)

La tristesse et les larmes

Dans les tribus indiennes, on dit qu'il ne faut pas laisser le mal se blottir.
Il faut le faire jaillir du corps, gicler hors de la peau comme les pépins de baies sauvages.
Il ne faut pas lui donner de prise. Car le malheur est habile.
Il plonge dans les parties vitales de l'organisme,
s'insinue dans les recoins les plus inaccessibles,
se love dans les viscères et jusque dans la bile.
Et il les anémie.

Ensuite, il leur ôte le goût de vivre.
Alors le cœur se ternit, les yeux s'engorgent.
Et comme le dos se courbe, le teint se flétrit.
Non, le chagrin, cela se chasse, comme les pépins de raisin.
Pour l'extirper, il ne sert à rien de se gratter la chair et le sang.

Il lui a dit - et elle le croit car c'est un grand sorcier -, il lui a dit que l'eau salée est le meilleur des remèdes.

Les Indiens enduisaient leurs malheureux de cataplasmes marins.
C'est parce que, le mal, il fond dans l'eau salée.
C'est parce que l'eau de mer agit sur la peau comme par osmose.
Elle aspire les larmes à la surface.
Pendant des jours et des jours, il faut s'humecter sans cesse.
Alors le malheur se dissout dans les larmes, se délite à petites gouttes pour sourdre hors du corps par les yeux.

Pour guérir de la mort, il faut pleurer.

(Myriam Cohen-Welgryn)

Quand un jour tôt ou tard, il faut qu'on disparaîsse,
quand on à plus au moins vécu, souffert, aimé,
il ne reste de soi que les enfants qu'on laisse
et le champ de l'effort où l'on aura semé.

(Charles de Gaulle)

 

La mort n'atteint pas seulement celui qui doit fermer les yeux à jamais mais aussi les autres,

tous les autres qui recevront l'horreur et l'absence en partage.

 

(Marie-Claire Blais)

Tant de belles choses

 

Même s'il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire "à demain"
Rien ne défera jamais nos liens.
Même s'il me faut aller plus loin
Couper les ponts, changer de train,
L'amour est plus fort que le chagrin.
L'amour qui fait battre nos cœurs
Va sublimer cette douleur,
Transformer le plomb en or !
Tu as tant de belles choses à vivre encore.
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas.
Tu as tant de belles choses devant toi.
Même si je veille d'une autre rive,
Quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive,
Je serai avec toi comme autrefois.
Même si tu pars à la dérive,
L'état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois.
Dans l'espace qui lie le ciel et la terre
Se cache le plus grand des mystères
Comme la brume voilant l'aurore.
Il y a tant de belles choses que tu ignores :
La foi qui abat les montagnes,
La source blanche dans ton âme,
Penses-y quand tu t'endors :
L'amour est plus fort que la mort.
Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache le plus beau des mystères.
Penses-y quand tu t'endors :
L'amour est plus fort que la mort.

(Françoise Hardy)

 

 

La nuit n’est jamais complète

 

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours, au bout du chagrin une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille Désir à combler, faim à satisfaire un cœur généreux.
Une main tendue, une main ouverte Des yeux attentifs
Une vie – la vie à partager.

(Paul Eluard)

 

Les mots exacts pour le dire

 

Je vous en prie, ne me demandez pas si j'ai réussi à le surmonter,
Je ne le surmonterai jamais.

Je vous en prie, ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant,
Il n'est pas ici auprès de moi.

Je vous en prie, ne me dites pas qu'il ne souffre plus,
Je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.

Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens,
À moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant.

Je vous en prie, ne me demandez pas de guérir,
Le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.

Je vous en prie, ne me dites pas
« Au moins vous l'avez eu pendant tel nombre d'années »,
Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ?

Je vous en prie, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous êtes désolés.

Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant,
si vous vous rappelez de lui.
Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant.
Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant.
Je vous en prie, laissez-moi simplement pleurer.

 

(Rita Moran)

L'esprit oublie toutes les souffrances quand le chagrin a des compagnons et que l'amitié le console.

(William Shakespeare)

 

 

Chercher en avant 

 

Ne le cherchez pas en arrière, ni ici, ni là,
ni dans les vestiges matériels qui vous sont naturellement chers.
Il n’est plus là.. Il ne vous attend plus là.
C’est en avant qu’il faut le chercher, dans la construction de votre vie renouvelée…


Soyez lui fidèle et non point dans une sentimentalité rétrospective
avec laquelle il faut avoir le courage de briser..
Sa véritable trace n’est pas dans certaines manifestations de son activité.
Leur disparition même si douloureuse qu’elle puisse vous paraître, doit vous libérer,
non vous déprimer.
Non pas oublier, mais chercher en avant.
Malgré tout ce que vous pouvez sentir ou croire,
reconnaître avec évidence que votre vie doit soit se poursuivre. Je suis persuadé qu’elle commence.
Décidez-vous seulement à ne plus vivre dans le passé,
ce qui ne veut pas dire que vous oubliez celui-ci, mais seulement que votre manière,
la vraie, de lui être fidèle doit consister à construire en avant, c’est à dire à être digne de lui.
Ne vous isolez pas.
Ne vous repliez pas au fond de vous-mêmes.
Mais voyez le plus possible vos amis.
Donnez-vous.
C’est ce don qui vous libérera et vous épanouira.
Je voudrais que vous trouviez nombre de gens et de choses auxquels, noblement, vous vous donnerez.

 

(Pierre Teilhard de Chardin)

 

 

Un pont géant

 

J’avais devant les yeux les ténèbres.
L’abîme qui n’a pas de rivage et qui n’a pas de cime,
était là, morne, immense ; et rien n’y remuait.
Au fond, à travers l’ombre, impénétrable voile, je m’écriais :
« Mon âme, ô mon âme ! il faudrait, pour traverser ce gouffre,
où nul bord n’apparaît, et pour qu’en cette nuit jusqu’à ton Dieu tu marches,
bâtir un pont géant sur des millions d’arches.
Qui le pourra jamais ? Personne ! ô deuil ! effroi ! pleure ! »
Un fantôme blanc se dressa devant moi
et ce fantôme avait la forme d’une larme ;
c’était un front de vierge avec des mains d’enfants :
il ressemblait au lys que la blancheur défend :
ses mains en se joignant faisaient de la lumière.
Il me montra l’abîme où va toute poussière ,
si profond que jamais un écho n’y répond ;
et me dit : « si tu veux je bâtirai le pont ».
Vers ce pâle inconnu je levais ma paupière.
Quel est ton nom ? lui dis-je . Il le dit : « la prière ».

 

(Victor Hugo)
Poème écrit lors du décès de sa fille

Tu as tes occupations et la vie se hâte ;
sur ces entrefaits la mort sera là, à laquelle, bon gré mal gré, il faut bien finir par se livrer.

(Sénèque)
Merci à Greg

 

La mémoire est le miroir où nous regardons les absents.

(Source inconnue)

Je te reconnaîtrai
Nous sommes deux rivières dont les eaux sont mêlées dans l’unique océan.
Même si trop de larmes ont sillonné de rides le creux de tes paupières,
Même si la douleur et tous nos désespoirs ont fait de tes cheveux des filaments de givre,
Je te reconnaîtrai.
Même si le poids des années de chagrin a courbé tes épaules
A force de chercher de tout petits morceaux de joie et de tendresse,
Aux cendres du passé je te reconnaîtrai.
Même si ton regard a usé son éclat, s’est terni pour toujours,
Tant il a contemplé de misère et de haine, et tant d’obscurité,
Même si tout cela, je te reconnaîtrai.
Nous sommes deux rivières dont les eaux sont mêlées dans l’unique océan,
Et rien ne pourra jamais plus nous séparer.
Même au-delà du temps, je te reconnaîtrai…

Texte d'un fils pour sa mère
(merci Adelaïde)

 

 

Commentaires (203)

1. Youcef Sen (site web) 12/12/2014

Cette nuit ,aucune étoile ne luit ,pas une lueur ni un éclat ici qui étreint mon coeur sans bruit ,je dois m'assoupir et fermer les yeux sans aucun plaisir , sans reves et sans désirs car c'est une nouvelle nuit où je ne vois plus mon avenir ,chaque jour qui vient m'apporte une nouvelle blessure .
J'ai beau réfléchir et j'ai beaucoup chercher le bien etre ,tout au fond de mon etre ,je me suis souvent demander pourquoi je me sens déprimé ,et la j'ai compris que c'était ma destinée ,mon reve c'était de devenir moi-meme et de trouvé quelqu'un qui m'aime ,de réussir a vivre ,de sourire et de rire .Hélas ! Aujourd'hui je veux partir ,seul dans la nuit ,sans aucun bruit et le coeur plein d'ennui ,ne pas prévenir pour ne plus revenir ......

2. anieska 28/11/2014

Ce soir, pas le moral... je suis tombé sur ce site par hasard... et tout vos messages sont si tristes mais pleins d' espoir aussi... pour ma part, j' ai perdu ma mère, ma grande soeur, lorsque j' avais 2ans. et mon père ne me parle plus depuis plus de 10ans maintenant. Aujourd'hui je suis âgée de 25 ans et je suis au plus bas, au plus mal, je n' ai plus la force de me battre. Je me sens sens su seule, si mal, si perdue... Je n' ai pas de famille, pas d' enfants, je suis toute seule et voilà je n' ai plus envie de rien si ce n' est de rejoindre les miens dans les étoiles.. Courage à vous tous dans cette période difficile... (désolé pour ce long message, j' avais besoin de verser mes larmes )

3. maryline 25/11/2014

Bonjour à tous, j'ai perdu mon fils de 21 ans dans un accident de la route, en 2009. Il partait en Espagne en vacances avec sa petite amie. Je le revoie tous les jours, quittant la maison, souriant et content de ce voyage... C'est l'image que je veux garder de lui. Le parcours est très dur, ne désespérez pas, on s'en sort malgré tout. C'est long et douloureux, vous ne serez plus jamais les mêmes. Vous verrez les choses différemment, mais vous n'oublierez jamais ceux qui vous ont quitté. Moi, j'ai décidé de venir en aide aux personnes endeuillées. J'en fait mon métier. Je suis devenue célébrante professionnelle. Je vais aider les familles à concevoir des cérémonies civiles dignes et en accord avec leurs convictions. Cette première étape est tellement importante pour commencer son travail de deuil, comme on dit...
Ne perdez pas espoir, appréciez la vie au jour le jour, ceux que nous avons perdus auraient tellement voulu continuer à la vivre.
Je vais devenir grand'mère pour la première, quelle joie !!!
Amitiés à tous - Maryline

4. charlotte 11/11/2014

j'ai perdu mon grand père il y'a bientôt 5 mois... et je n'arrive pas à allez de l'avant je fais semblant devant ma famille qui me dit de me ressaisir mais je n'y arrive pas quand je suis devant sa tombe je ne peux m'imaginer qu'il puisse y être tu étais comme mon père pas de différence tu as tout fait pour moi. La veille de ta mort j'étais avec toi tu étais si content à l'idée de fêter mes 20 ans et tes 90 ans mais tu es parti avant tu mas dis cette dernière phrase "à tu l'aimes ton papy" le trou noir je ne sais pas la réponse si je lui ai dis mes sentiments... je ne t'oublierais jamais de la vie je t'aime je ne peux pas concevoir ma vie sans toi tu ne connaîtras rien de ma vie de mes futurs enfants tu ne seras pas présent à mon mariage toi qui me le disais... JE TAIME A LA VIE A LA MORT. Rien ne sépare le lien qui uni deux personnes qui s'aiment fort un amour éternel....

5. luciolr 11/11/2014

Bonjour. J'ai perdu mon oncle il y a deux mois, d'un accident de voiture sur l'autoroute. Beaucoup ont déjà fait leur deuil et me soutiennent en me disant que d'ici quelques temps ça ira. Mais en deux mois, il n'y a pas un jour où je ne pense pas à lui sans pleurer. Le temps n'efface rien, c'est pas vrai. Au contraire, quand tu avances sans une personne tu te remémorés 100x plus de souvenirs. Je me dis sans cesse que c'est un cauchemar et que je vais finir par me réveiller mais non, ça ne l'est pas. En tout cas, il n'y a pas un jour où je souhaite que mon oncle vienne toquer à la porte et qu'il me dise que c'était une camera cachée. Ou bien une mauvaise blague. Il n'y a pas un jour où je souhaite le resserrer dans mes bras. Le vide sera-t-il comblé un jour ? À l'heure d'aujourd'hui, je me demande si dans 10ans j'aurai fait mon deuil. Je ne pense pas, mais je l'espère sincèrement. Il faut se battre dans la vie, quoi qu'il arrive. Il faut se battre, même quand le combat semble trop grand. Il faut aller au bout des choses, même si cela prend 30ans pour le faire. C'est ce que mon oncle m'a toujours répété. Courage à vous tous. Tonton je t'aime. Ta luciole qui aurait aimé fêter ses 16ans avec toi.

6. juetju 30/10/2014

bonjour j'ai perdu mon papa ce 16 juin 2014 même si j'ai 20 ans j'ai terriblement mal et le pire c'est pour mes petites sœur de 13 et 14 ans
je n'étais qu'une seul fois au cimetière .... ne me juger pas mais je n'y arrive pas j'ai terriblement mal de ne pu le voir il me manques horriblement

7. Charles 13/09/2014

Bonjour a tous,
J'ai perdu mon père en mai dernier, j'ai 15 ans actuellement.
J'ai perdu mon père pendant qu'il était en vacances avec ma mère...
Je n'ai pas pu lui dire au revoir, ça m'attriste tous les jours un peu plus,
Si j'ai un message a dire a tous les gens qui ont encore tous leurs proches auprès c'est de profiter de chaque secondes, chaque minutes, chaque heures que vous passeraient avec eux.
Mon père me disait toujours :" keep going, keep going! " aujourd'hui, pour me donner la force d'affronter chaque journée je me répète cette phrase dans ma tête en pensant a lui.
"N'oublie jamais que la vie n'est qu'un racket organise"
"Personne n'est puceau car la vie nous baise tous"

8. jetaimepapi 24/08/2014

émilie,
si tu vois ce message, je crie pour toi le nom de ta petite fille qui bien qu'elle soit partie ne quittera jamais ton coeur. LILIA !!!!!!!!!!!!!
Mes plus douces pensées,
R.

9. le paille en queue 24/08/2014

Mon ami, mon amant, mon âme soeur m'a quitté le 9 août 2014 à l'âge de 33 ans d'un accident de plongée. Il n'y a pas de mot pour définir ce que je ressens. La douleur est tellement poignante. Votre vie bascule en une fraction de seconde de la lumière à l'obscurité. Vos projets de vie et toutes vos habitudes aussi anodines soient elles deviennent des souvenirs. Vous pleurez de ne pas lui avoir assez dit que vous l'aimiez ou qu'il était si important dans votre vie. Vous hurlez qu'on vous le rende encore un peu car vous n'êtes pas prête à affronter cela. Profitez de chaque instant comme si vous viviez le dernier...

10. brun 15/08/2014

bjr moi mon pere est partie en 1986 aujourd hui jen pleure encore ..........courage

11. capart 04/08/2014

bojour,j'ai perdu mon fils par un accident de la route 2 ans déjà.c trop ,je suis tombé sur le site par hasard et a lire tout c messages m'on trop aimu j'en peu plus je pars le rejoindre.adieu se monde
la ou il es peut etre que je le verrais a mes cotés

12. nancy 26/07/2014

j'ai perdu mon pere voila maintenant 2 ans et la douleur est toujours aussi forte que la premiere journee je ne reusis pas a accepter se malheur le plus penible dans tout ca c de voir que bien des gens prenne les memoires des gens pour faire du mal a ceux qui reste ,ont dirais qu,uil ne realise pas que c nous que la douleur est la plus penible et non la personne disparue mais pourtant il sacharne a faire le mal autour d'eux a nous décevoir jespere un jour de retrouver la paix merci

13. Lui. 22/07/2014

commen oublié tout ces petits moments que j'ai passé avec lui,une personne qui n'avais pourtant rien avoir ave moi,le papa d'une amie,a qui je me suis accroché en peu de temps,il étais pour moi vitales de le voir. chaque moi ces de plus en plus dur.. il me telephonais tôt au matin pour me dire qu'il venait me chercher histoire de faire plaisir aa copine,les journées les vacances,comment peut on oublié de ci beau souvenir, maintenant 2ans et 4mois que tu nous a quitté,que je regrette de ne pas t'avoir fait un bisous avant que tu parte :,(! tu me manque terriblement fort.. J'avance mais sans la force.. je l'aimais tellement,une partie de ma vie envolé a jamais.. je ne te dit pas au revoir,mais a bientôt <3

14. EspItalia 09/07/2014

J'ai perdu mon père quand j'avais 3 ans, au jours d'aujourd'hui j'en ai 17, je ne comprend absolument pas les personnes qui disent qu'au file du temps on oublie. Cette absence me tue chaque jours, je n'est toujours pas fais mon deuil après 14 ans, cela dépends des personnes pour savoir le temps qu'il faudra. Je n'est pas eu le temps de connaitre mon père et j'envie les personnes qui ont pu. Mais je tiens quand même a dire, qu'il ne faut pas ce laisser allez, toujours persécuté. Bon courage a tous.

15. Cha' 05/07/2014

Je pense que la douleur ne disparait jamais mais qu'on apprend a vivre avec... Ça va faire pas mal de temps que j'ai perdu mon frère jumeau... I still love you Allen <3

16. selena 18/06/2014

Bonjour, qqn de mon entourage professionnel est malade et va quitter la vie. On est tous orphelins. Les gens sont si précieux. J'ai envie d'être plus consciente de la chance qui m'est donnée chaque jour... vous avec moi, moi avec vous, moi avec toi. Et quand ça dérape, prendre de la hauteur. Etre humain est bien compliqué. On est si conscient et si limité à la fois. Bon courage à tous. Donnons nous la main, solidaires. apaisement et douceur...

17. SISSI 17/06/2014

Bonjour à tous
J'ai une pensée pour vous tous qui avait perdu un être cher, c'est difficile d'accepter mais la vie est belle même si on ne la voit pas encore comme elle est... J'ai bcp souffert mais qui ne souffre pas n'éprouve pas la joie et le bonheur alors séchez vos larmes et essayez de profiter des instants de bonheur qui passent avec les vivants...

18. Clara (site web) 08/05/2014

Voici 9 mois que tu es parti. 9 mois que je suis rentrée pour te retrouver sur ton lit de mort. 9 mois de chagrin, de douleur. C'est vrai qu'on ne se voyait pas beaucoup, mais tes "Encore en vacances ?" me manquent. A 13 ans, on ne s'y attend pas, c'est trop brutal, surtout quand on est inconscient. Je n'ai pas eu le temps de me préparer. J'aurais dû demander ce que tu avais, comment tu allais. J'aurais dû venir te voir. J'aurai aimé te voir une dernière fois. Je ne pensais pas que ça finirait comme ça... Il faudra du temps, 1 an, 5, 10, peut-être que le chagrin partira, et qu'un jour, je n'aurai plus cette boule dans la gorge. Mais il faudra tu temps... Même si la mort n'arrête pas l'amour, ce ne sera jamais pareil, ce n'est plus pareil. Si tu m'entends, je voudrais te dire ces derniers mots : Je t'aime, parrain

19. mary 03/05/2014

j'ai perdu mon frére il y a 2semaines un cancer et une tumeur au cerveau il me manquet tellement:jr t'aime mon frère

20. Lesmotsquiaident 29/04/2014

Bonjour,
Merci pour ces belles citations inspirantes, j'ai moi même fait une petite sélection tirée du forum deuil http://forumdeuil.comemo.org/ j'espère que celles-ci pourront aussi vous aider : http://deuil.comemo.org/poemes-citations-texte-deuil-mort
Encore merci pour ce beau travail si aidant dans les moments difficiles.

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